Heger Association d'Avocats

Alors que vous rentrez tranquillement chez vous, vous tombez nez à nez avec un homme qui, brise-vitre à la main, vient de fracturer la fenêtre latérale d’une voiture et s’engouffre à l’intérieur.

En principe, un magistrat ou un policier

Le but d’une arrestation – que l’on appellera ici « judiciaire » - est de rechercher, poursuivre et punir les infractions. En principe, cette arrestation ne peut avoir lieu que sur ordre du procureur du Roi ou d’un juge d'instruction. Ces magistrats peuvent effectivement arrêter une personne et donc la priver de sa liberté s’il existe de sérieux indices qu’elle soit coupable d’un crime ou d’un délit.

À condition de prévenir immédiatement le procureur du Roi ou un de ses substituts, la police peut également priver un citoyen de sa liberté. Le procureur décidera s’il prolonge ou non cette arrestation pendant un maximum de 48 heures.

Une exception : un citoyen ordinaire

Un magistrat ou un policier peut donc, à certaines conditions toujours, priver un individu de sa liberté. Mais un particulier, un citoyen ordinaire, peut aussi intervenir pour empêcher l’auteur d’un crime ou d’un délit de fuir, en attendant que la police le prenne à charge.

Bien sûr, il y a des conditions à respecter. Elles sont quatre.

  • Ce particulier doit être témoin d’un crime ou d’un délit (par exemple d’un vol). S’il s’agit seulement d’une infraction moins importante, donc d’une contravention, il ne peut pas intervenir. Pas question, par exemple, d’arrêter un piéton qui ne respecte pas le feu rouge d’un passage piéton.
  • Ce particulier doit être témoin du crime ou du délit. Il doit surprendre l’individu qu’il arrête en « flagrant délit » ou en « flagrant crime », autrement dit sur le fait. Pas question d’arrêter un voleur retrouvé et reconnu une semaine après son vol. Un « flagrant délit » ou un « flagrant crime » est un délit ou un crime « qui se commet actuellement ou qui vient de se commettre ». Ni la loi ni la Constitution ne précisent ce que signifie exactement « qui vient de se commettre ». Ce sera au juge à décider au cas par cas s’il s’agissait bien d’un « flagrant délit » ou d’un « flagrant crime ».
  • Le particulier qui maintient un individu sur place pour l’empêcher de fuir doit avertir immédiatement un service de police, qui prendra en charge cet individu. Pas question de le séquestrer puis d’aller ensuite informer un service de police.
  • Enfin, le particulier peut retenir l’auteur de l’infraction pour l’empêcher de fuir mais il ne peut pas le maltraiter. Il peut recourir à un usage modéré de la force (par exemple en retenant cet auteur par le bras) mais non le ceinturer s’il n’oppose aucune résistance en attendant l’arrivée de la police. Il n’est pas permis non plus de le rouer de coups. Un particulier qui abuserait de sa force pourrait être poursuivi pour coups et blessures.

En respectant ces quatre conditions, un citoyen ordinaire peut donc arrêter l’auteur d’un flagrant délit ou d’un flagrant crime. Le procureur du Roi décidera de maintenir ou non cette arrestation pendant 48 heures maximum. Ensuite, un juge d’instruction pourra éventuellement décider de poursuivre l’arrestation. Si c’est le cas, il décernera alors un mandat d’arrêt et la personne arrêtée sera maintenue en détention préventive.

Source : http://www.questions-justice.be


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